Conjuguer est bien plus qu’un art ! 2e partie

Collaboration spéciale de Nicole Brunet, enseignante et formatrice en didactique de la grammaire.

Conjuguer est bien plus qu’un art ! 1re partie

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L’enseignement de la conjugaison remis en question

Ici et dans d’autres sociétés francophones, depuis déjà longtemps, des linguistes et des grammairiens se préoccupent des difficultés liées à la pédagogie de la conjugaison1. Leurs travaux et leurs propositions me permettent de présenter aux élèves des critères objectifs pour observer et comprendre un système de morphologie verbale désormais cohérent dans lequel on retrouve des régularités. Dans ce contexte, la présence de formes divergentes, principalement au présent de l’indicatif, ne compromet pas le modèle. L’absence de la terminaison -ez au présent de l’indicatif est l’unique transgression du verbe dire. La graphie des verbes être et avoir a évolué de telle sorte que des formes archaïques cohabitent nombreuses avec d’autres plus modernes et cependant, leur conjugaison à certains temps simples est semblable à celle des autres verbes.

Voici les notions qui font de plus en plus consensus parmi les chercheurs et les praticiens et sur lesquelles je base mon enseignement de la conjugaison.

Deux types de conjugaison

Le classement traditionnel des verbes, essentiellement basé sur la finale de l’infinitif, ne contribue pas à la reconnaissance de régularités morphologiques. Le classement en deux types de conjugaison est déjà présent dans des ouvrages de référence et manuels scolaires destinés aux francophones du Québec2. Il convient tout aussi bien aux apprenants d’une langue seconde.

Le premier type regroupe 90 % des verbes en français, ceux dont l’infinitif se termine par -er. Les néologismes s’y retrouvent (ex. : texter, retweeter). Les 10 % restants sont regroupés dans un deuxième type qui, comme le premier, se caractérise par un « comportement » morphologique similaire reconnaissable; terminaison au présent de l’indicatif ( -s,  -s,  -t,  -ons,  -ez,  -ent), présence fréquente de plus d’un radical et terminaison de la forme adjectivale, le participe passé, distincte du qui caractérise les verbes du premier type.

La présence d’un ou de plus d’un radical

L’observation de verbes des deux types de conjugaison permet aux apprenants de conclure que souvent un seul radical est requis pour conjuguer un verbe à tous les temps simples (ex. : aimer, chercher, mais aussi courir, attendre, répondre, vendre ou rire).

Les verbes qui requièrent plus d’un radical sont beaucoup moins nombreux. La forme de certains verbes du premier type de conjugaison subit un ajustement lié à l’orthographe dans des contextes précis. Ainsi, l’ajout du e ou de la cédille permet de retranscrire correctement un phonème consonantique (ex. : mangeais, rinçons). De la même manière, l’accent ou la consonne doublée permet de retranscrire une variation phonétique, une ouverture du phonème vocalique devant une consonne suivie d’un e muet (ex. : appelle, cède). Même si on note la présence de plus d’un radical chez de nombreux verbes du deuxième type de conjugaison, la grande majorité se conjugue à partir de deux ou trois radicaux. Cent verbes environ dont certains, il est vrai, parmi les plus fréquents, nécessitent quatre radicaux et plus, être en comptant le plus!

Au moment de l’acquisition du présent de l’indicatif, un temps où plus d’un radical est souvent présent, je privilégie des activités de classement dans lesquelles les élèves regroupent des verbes du deuxième type de conjugaison selon le nombre de radicaux observés.

Le radical demeure constant à toutes les personnes grammaticales aux temps simples de l’indicatif suivants: l’imparfait, le futur simple, le conditionnel présent et le passé simple. Par exemple, la conjugaison du verbe être au futur simple se résume à un seul radical, se-, auquel l’élève joint la terminaison appropriée.

Des terminaisons souvent universelles

C’est principalement la terminaison aux personnes du singulier du présent de l’indicatif et de l’impératif qui différencie les deux types de conjugaison. En effet, dans le cas d’autres temps à l’étude (l’imparfait, le futur simple, le conditionnel présent du mode indicatif ainsi que le présent du subjonctif et de l’infinitif), ils adoptent les mêmes morphèmes   (ex. : -rai,  -ras,  -ra,  -rons,         -rez, ront pour le futur simple).

La mémorisation n’est plus une affaire de paradigme (ex. : je serai, tu seras, etc.) mais bien une question d’identification du radical approprié du verbe et de la terminaison propre à un temps de verbe et à la personne grammaticale.

Pas besoin de trucs ni de raccourcis

Dans le cadre de cette nouvelle façon de faire, certaines pratiques deviennent nuisibles à la découverte et à la compréhension d’un système cohérent. En effet, il serait contreproductif de demander aux élèves de remarquer la présence de l’infinitif dans un verbe conjugué au futur simple (ex. : chantera, finira). L’infinitif n’est pas utilisé dans la formation du futur simple. Ce truc empêche les élèves d’identifier correctement le radical et surtout la terminaison commune à tous les verbes conjugués au futur simple.

De même, demander aux élèves d’effacer le r de l’infinitif d’un verbe de la première conjugaison et d’ajouter un accent aigu sur le e pour former le participe passé ne contribue pas à l’appropriation du principe fondamental de construction d’une forme verbale à partir d’un radical auquel se joint une terminaison.

De la théorie à la pratique

Dans ma classe, la conjugaison est maintenant traitée de la même manière que les autres éléments de la grammaire; les connaissances des élèves se construisent à travers des activités d’observation, de classement, de mémorisation et de réutilisation. J’utilise des textes plus ou moins longs dans lesquels les élèves recherchent et observent des verbes en contexte et des tableaux de conjugaison pour une observation comparée des formes d’un verbe ou de groupes de verbes. Toutes ces actions contribuent à fixer davantage les apprentissages. Nous avons adopté un métalangage qui nous permet de discuter de conjugaison. L’épithète irrégulier n’y a pas sa place.

À suivre?


 entre autres Didactique de la conjugaison. Le verbe « autrement », Meleuc Serge, Fauchart Nicole, Éditions Bertrand-Lacoste, CRDP Midi Pyrénées, 1999; Pour un enseignement rigoureux et efficace de la grammaire, Chartrand S-G, Correspondance, Volume 16, numéros 2 et 3, 2011.

dont Grammaire pédagogique du français d’aujourd’hui, Chartrand Suzanne-G et al., GRAFICOR, 1999 (2e édition 2n 2010). 


L’auteure du billet

Née à Montréal, Nicole Brunet a étudié l’enseignement du français langue seconde à l’université McGill. Elle a œuvré dans divers milieux d’enseignement dont le secteur jeune de la Commission scolaire de Montréal où elle travaille présentement. Elle a participé à l’élaboration d’outils pédagogiques tels que des Situations d’Apprentissage et d’Évaluation ainsi que la Progression des apprentissages et lesPaliers pour l’évaluation du français du programme Intégration linguistique, scolaire et sociale au Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec. Elle propose depuis quelques années des formations sur la didactique des différents aspects de la grammaire rénovée, dont la conjugaison.

Vous pouvez lui écrire à l’adresse courriel suivante : nicolebrunet.gramm@gmail.com

GrEau: From School Project to Business Opportunity

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Freshly harvested lettuce (Photo provided by GrEau)

 

One of LEARN’s online students, Benjamin Collier, shares his experience with a school project developed this year by a group of students at Mecatina School in the du Littoral School Board.  We are so proud of Ben’s efforts (along with those of Chloe Anderson, Josh Boland, Brandon Leon, another online student, and teacher Chris Wong) and he was happy to write about their very  successful project which responds to a need in his small isolated community.  Ben wrote this post after harvesting on Friday.

 

In November, a small group of students, with the support of our science teacher, came together with the purpose to start our own business. Our group’s original goal was simply to enter the Quebec Entrepreneurial Contest 2014, but as the project grew, it started to become about much more than just the contest – and became a true business! After assessing the budget, limited resources and space, we eventually decided we would grow lettuce and herbs locally using a method called hydroponics.

Hydroponics is a different way of growing without soil. Products grown hydroponically are fresh and organic, pesticide free and herbicide free. Using this method, our community could be provided with cheaper, healthier, organic and, most importantly, fresh herbs and vegetables. This process of growing is quick and could be used all year round, even during our harsh winters. Due to Mecatina School being situated in La Tabatière, an isolated village on the Lower North Shore of the St. Lawrence River, fresh produce is very hard to acquire. Seeing this as an opportunity for a successful business, we teamed up to profit on the unavailability of fresh herbs and vegetables and to provide a useful service for our community at the same time.

Once the type of business was decided, we made a business plan, sought local support and distributors, constructed the growing units, planted and transplanted, created a logo and marketed our product. Within a couple of months we went from having a small closet filled with science supplies to a room that could produce an enormous amount of fresh foods within a small time period. When the setup finally began to run at full capacity, the harvests became extraordinary: with a 48 square foot growing space, students were able to grow up to 600 plants! Our weekly harvest was about 35 bags of lettuce, 10 bags of basil, 15 bags of chives, and 15 bags of dill. Talk about production!

It’s now the end of May and although we didn’t win the contest we applied for I believe that we received things more important than the prize of the competition: we received knowledge, respect, and recognition. When this project began I knew very little about hydroponics, wiring, and the full setup in general. After we began research and working as a team, I learned many things quickly that will stick with me for life. Not only did I receive new knowledge but also the respect of my friends, family, neighbours, and people across the province.  Whenever anyone hears about our current business they are usually amazed, and commend us on the ability to get such a project up and running.  The respect is probably my favourite aspect at this point. It makes me proud that we as a group were able to achieve so much, and that people are glad we did. The last important thing we received is recognition outside our community. For such a small area, that’s something that’s pretty hard to do. Before GrEau, very few people knew what La Tabatière was and even fewer knew where it was located. Hopefully now with the variety of publicity we were able to achieve, people will know that big things really can come from small packages.

The GrEau Team: Teacher Chris Wong, Josh Boland, Benjamin Collier, Brandon Leon
The GrEau Team: Teacher Chris Wong, Josh Boland, Benjamin Collier, and Brandon Leon (missing from photo: Chloe Anderson)

Overall, I am just truly amazed how far we have come and just how supportive the people are for our business. It really does fill me with pride. Although I’m sure that people can make something much bigger and better with more resources, space, and time, it’s not the sheer size of our project but the effect that it has had on so many people. That effect, in turn, becomes compliments and admiration for us. Personally, no amount of money we could have received means more to me than what people are saying about us and to us, that’s priceless.

By Benjamin Collier

 

Check out the Greau website here:  http://greau.weebly.com/

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