La ludification d’une classe de FLS

graffiti
photo by Mocks 108 CC BY-NC-SA 2.0

L’autre jour, j’écoutais un baladoweb de la série Freakonomics au sujet de la motivation, plus précisément, au sujet de comment éduquer les gens à faire des bons choix en terme de santé et d’obéissance aux lois. Ce n’était pas une émission du domaine de l’éducation, mais plutôt du domaine du marketing. Mais le marketing et l’éducation sont des cousins assez proches — les deux visant principalement la modification de comportements des gens à qui ils s’adressent. Ce billet se veut donc un hommage à l’espèce humaine, cette espèce qui est telle qu’elle est, peu importe les théories idéalistes sur lesquelles on s’appuie souvent pour l’expliquer.

Au printemps 2014, j’ai présenté dans un billet mon entrevue avec Avi Spector au sujet de la ludification (gamification) en apprentissage du FLS. Ce qui suit est mon entrevue avec Catherine Boisvert, l’enseignante qui a expérimenté cette approche dans sa classe de français, langue seconde entre janvier et juin 2014. La ludification, selon Avi et d’autres, c’est l’utilisation de stratégies et d’approches qui sont propres au domaine des jeux, incluant les jeux vidéo. Ça ne veut pas dire qu’on joue à des jeux en classe, mais plutôt qu’on puise certaines approches ou structures de jeux connus pour les mettre au service d’un contexte d’apprentissage. Le projet d’Avi et de Catherine avait comme fondements les 6 principes suivants :

  • Les notes : les notes sont structurées en fonction d’un gain de points et non la perte de points;
  • L’appropriation du parcours : il y a une transparence quant au programme et les élèves ont le choix des parties du programme qu’ils vont travailler. Les élèves connaissent d’avance les travaux à remettre et peuvent choisir l’ordre dans lequel ils les font;
  • L’échec vers l’avant (failing forward) : l’échec est perçu comme façon de progresser;
  • La rétroaction : une rétroaction ponctuelle et fréquente est donnée à l’élève pour lui permettre d’ajuster ses démarches, ses stratégies et ses travaux.
  • La différentiation : les élèves peuvent choisir différentes démarches, différents outils et différentes façons de démontrer le développement de leurs compétences, selon les aptitudes de chacun;
  • Les défis sur mesure : dans une classe individualisée, l’élève progresse à son rythme et ne progresse qu’après la réussite d’une cible d’apprentissage. Les nouveaux apprentissages se construisent sur des bases solides à chaque étape. Dans les jeux vidéo, on appelle cette démarche  « levelling up ».
C_Boisvert
Catherine Boisvert, CQSB

Enseignante : Catherine Boisvert, CQSB
Contexte : classe individualisée de FLS en éducation aux adultes (16 à 24 ans). Les élèves sont de secondaire 1 à 5 dans une même classe.

Qu’est-ce qui t’a amené à expérimenter la ludification dans ta classe de FLS?

Avi a déjà travaillé avec moi. Il cherchait un cobaye pour voir comment la ludification pouvait se dérouler en classe. Moi, personnellement, je préfère appeler ça de la « gamification » parce que mes élèves, ce sont des « gamers ». J’étais aussi à la recherche d’une façon d’essayer de jazzer un peu mon cours. J’ai un petit groupe et on est dans un petit centre. J’ai des élèves récalcitrants, qui se mettent des étiquettes, qui commencent leur première journée en disant : « Ah, non, mais moi j’suis pas bon en français. » Je voulais qu’ils aillent chercher cette espèce de combativité qu’ils ont avec les jeux. On a parlé des jeux auxquels ils jouent. Je leur ai demandé ce qu’ils font quand ils ne réussissent pas un tableau dans Candy Crush Saga. Est-ce qu’ils se disent : « Ah, non, moi j’suis pas bon »? Comme si c’était un jugement, comme si c’était fini, une sentence. Au contraire, ils essayent encore et encore! Ce qui m’a attiré vers cette approche de gamification, c’est ce qu’on appelle en anglais Failing Forward (l’échec vers d’avant), cette espèce de persévérance, qui fait que les élèves puissent se dire : « C’est pas grave, je me relève puis j’essaye une autre stratégie ». Je voulais qu’ils s’amusent dans ma classe, qu’ils essaient, qu’ils se disent : « Je me suis planté, c’est pas grave, je me relève puis je continue ». Je trouvais que la gamification était une façon d’amener cet aspect-là dans ma classe.

Explique-nous un peu la logistique de ton approche.

En éducation aux adultes, on fonctionne avec le Programme de formation pour le premier cycle du secondaire et avec le vieux programme pour le deuxième cycle du secondaire. On est en train de vivre la réforme un peu en retard. Donc, il y a 4 compétences pour le FLS au deuxième cycle. Chaque compétence fait l’objet d’une SAÉ — les élèves sont évalués en fonction de chaque SAÉ qu’ils me remettent. Les SAÉ sont évaluées avec des étoiles. Une étoile, c’est le minimum pour passer, c’est l’équivalant de la note C. Deux étoiles, l’élève est capable de réaliser la tâche sans problème. Trois étoiles, l’élève va au-delà des attentes. Pour chaque compétence, il y a la possibilité d’avoir jusqu’à trois étoiles. Je n’ai jamais, à date, reçu un travail qui ne méritait pas au moins une étoile. Pour passer à une prochaine étape (l’idée du Level Up) et pour ainsi accéder à l’examen d’étape, il faut avoir au moins 8 étoiles, sur un total de 12 étoiles possibles. Le jugement de l’enseignant entre aussi en jeu. Le but des élèves est de terminer leur scolarité au secondaire le plus rapidement possible. Donc, ils peuvent passer des examens d’étape ou de fin d’année en tout temps. Je veux par contre m’assurer qu’ils ne vont pas échouer les épreuves, donc le système des étoiles fonctionne bien pour concrétiser le cheminement des apprentissages. Les élèves peuvent voir s’ils sont prêts à tout moment. Le parcours est transparent.

J’ai choisi de fonctionner avec des SAÉ, même avec le vieux programme. J’ai vu que mes élèves en secondaire 1 et 2 étaient plus actifs et que le programme leur était plus pertinent, donc plus motivant. Ils étaient plus engagés dans les tâches. Mon but est toujours d’accroitre la motivation des élèves. Ce que je trouve le plus difficile, c’est de travailler sur les savoirs essentiels dans ce contexte, parce que les élèves trouvent des façons d’atteindre leurs buts qui peuvent des fois contourner les savoirs essentiels. Dans le fond, ils arrivent à travailler des stratégies de communication sans le savoir, mais pas forcément ce que je veux qu’ils travaillent. Je trouve aussi qu’ils ont une réflexion métacognitive quand ils argumentent pour avoir plus d’étoiles : « j’ai été capable de comparer — regardez, j’ai écrit plus quemoins que et après ça j’ai écrit autant que ».

Quelle a été ton expérience avec l’idée de l’échec vers l’avant?

L’échec vers l’avant, c’est intéressant. Les jeunes qui jouent à des jeux vidéo, quand ils sont confrontés à un échec, ils recommencent en se disant : « qu’est-ce qui a marché? Qu’est-ce que je peux refaire? » Dans le fond, l’aspect ludique des étoiles que j’ai utilisées, comme dans Angry Birds, ça semble avoir un effet dédramatisant. Les tâches que l’on fait servent d’évaluations formatives. L’idée est que les élèves sont tout le temps en évaluation, à tous les jours. Donc, quand arrive une formation sommative, les élèves sont habitués et ils sont à l’aise. J’ai aussi remarqué qu’ils savent aussi à quoi s’attendre. Je les sens outillés, et ILS se sentent outillés. J’avais des élèves qui ne fournissaient pas tellement d’efforts et dans une classe individualisée, chaque élève est responsable pour lui-même. Donc, si je ne faisais pas la police, ces élèves ne faisaient pas grand-chose. Une fois que j’ai commencé à expérimenter avec la ludification dans ma classe, ce sont ces mêmes élèves qui étaient presque tannants tellement qu’ils me demandaient si j’avais corrigé leur travail! Là, j’avais le problème de ne pas fournir moi-même assez vite! J’avais jamais eu autant de correction à faire, mais en même temps, j’étais contente parce qu’ils venaient me voir pour me demander combien d’étoiles qu’ils ont eues. « Hein, comment ça, deux étoiles? Ok, alors je vais le refaire! » Ils ne voyaient plus ça comme des évaluations. Ils ne se voyaient plus comme des étiquettes qui leur collaient dessus. C’est comme s’ils prenaient le contrôle, qu’ils sentaient ce « sense of agency » dont Avi parlait.

Selon toi, quels ont été les principaux succès du projet?

Les élèves savent mieux ce qu’ils doivent atteindre en français, ça représente le QUOI. Ils savent ce qu’ils doivent être capables de faire en français. Ils savent mieux lier des savoirs essentiels à des situations. Ils ont plus de choix — au lieu de suivre un courant. Ils peuvent se dire : « je vais montrer cette compétence de telle façon ». Ça leur offre un contexte plus ludique — la perception qu’ils jouent à un jeu. Ça rend la communication plus naturelle, comme des enfants qui jouent et puis qui apprennent en jouant. Je sens que les élèves ne voient plus de barrières, qu’ils perçoivent les buts à atteindre pas comme une note, mais comme être capable de faire quelque chose. Dans le fond, la note, c’est pas aussi important que d’être capable de communiquer en français, surtout à Québec, où j’enseigne. On travaille des situations concrètes, issues de leur vie, comme par exemple, échanger un appareil qu’on a acheté. C’est aussi beaucoup moins dramatique. Je sais que j’insiste beaucoup là-dessus, mais je crois que c’est l’aspect le plus important de la gamification/ludification des apprentissages en FLS. Si un élève est habitué de penser à l’évaluation comme étant une chose punitive, une sanction négative, il va éviter de s’investir dans son apprentissage pour ne pas vivre trop d’émotions lors de l’échec éventuel. « Tu ne peux pas dire que je suis pas bon, j’ai même pas essayé. »  L’idée du Failing Forward, de l’échec vers l’avant, rompt ce cycle de démotivation. Dans un contexte individualisé comme celui de l’éducation aux adultes, c’est très facile de ne pas se rendre compte qu’on fournit pas le même effort qu’un autre, parce qu’on n’a pas les mêmes tâches. Mais avec un système de gamification en place, les élèves peuvent comparer leurs efforts de façon très concrète — « t’as combien d’étoiles? T’as combien de tâches de faites? » Et enfin, être bon en français, langue seconde, ce n’est pas nécessairement très cool. Il faut lui ajouter du cachet, pour que les élèves fournissent l’effort requis — ce projet a contribué à rendre le FLS un peu branché dans les yeux des jeunes.

Quels ont été les principaux défis pour toi et pour tes élèves?

J’ai découvert que pour certains de mes élèves qui venaient d’autres pays, l’école c’est supposé être sérieux. Donc s’ils s’amusent, ils ne sont pas en train d’apprendre! J’ai dû confronter cette idée-là — on a tous grandi et découvert ensemble. De plus, c’était difficile d’instaurer le nouveau système et de faire embarquer tout le monde au mois de janvier. Dans le fond, commencer dès le début de l’année scolaire fonctionnerait beaucoup mieux. J’aimerais consolider et développer le projet pour qu’il soit prêt pour le mois d’aout et pour que tout le monde puisse commencer avec une plateforme comme Edmodo. De plus, je suis dans un contexte d’apprentissage individualisé, dans lequel j’ai les cinq niveaux dans une même classe, donc je me sens des fois comme un gardien de but — celui-ci a une question, l’autre à besoin d’explications… Même avec la gamification, j’essaye toujours de trouver des moyens de composer avec cette réalité.

À quoi réfléchis-tu présentement?

J’ai des élèves qui parlent français comme moi, mais qui ont plus de misère à écrire, d’autres élèves ont des troubles d’apprentissage comme la dyslexie. Ces jeunes doivent alors travailler des stratégies de lecture. J’aimerais trouver une façon de jumeler les élèves afin que les forces de chacun puissent venir aider avec les faiblesses de l’autre, peut-être avoir certains élèves dans le cadre d’une même SAÉ travailler des compétences différentes. J’ai des élèves qui s’expriment très bien en français, presque comme des francophones et j’ai aussi des élèves qui viennent d’autres pays et qui ne parlent que très peu et pour qui le français est la 3e ou 4e langue. Souvent, ils viennent d’une culture d’apprentissage très traditionnelle, dans laquelle il y a beaucoup de répétition et de pratiques écrites, mais très peu de communication spontanée à l’oral. Donc, j’aimerais les jumeler avec mes petits Québécois « slackers ».

Dans le fond, je veux amener les élèves à déployer cette même combativité que je les vois déployer quand ils jouent à un jeu. C’est sûr que c’est plus facile si la tâche est aussi liée d’une certaine façon à leur vraie vie et non pas juste « conjugue-moi 20 verbes ». Le jeu à lui tout seul, c’est sûr que ce n’est pas assez. Mais, c’est le jeu qui soutient l’apprentissage et qui ajoute à leur motivation. Il est certain que je dois adapter les SAÉ pour qu’elles soient assez ouvertes pour qu’un élève puisse se retrouver dedans. Un élève qui tripe sur la planche à neige pourra mieux écrire un texte explicatif sur le « snow » que sur un truc scientifique qui ne l’intéresse pas.

****

Avez-vous des questions pour Catherine Boisvert au sujet de son expérience de ludification? Utilisez les commentaires pour lui en faire part!

 

 

Explaining Explain Everything

Dr. Reshan Richards is one of the developers of the iPad screencasting app, Explain Everything.  On October 20th he will present and deliver the Keynote address at the LEARN-RÉCIT Technology & Learning Summit at the Sheraton Laval on October 20th. In the lead up to the Summit, Dr. Richards and his co-developers, Piotr Śliwiński and Bartosz Gonczarek agreed to talk about their unique partnership.

Screencasting has become a popular tool for educators. Whether for “flipping” the class, or as a tool for students to demonstrate their learning, screencasting allows people to create rich visual media to support teaching and learning. There are a variety of different tools to create screencasts, both on computers and on tablets, but one of the standouts is Explain Everything for the iPad. Released only three years ago, Explain Everything is one of the more popular, full-featured screencasting apps available on any tablet platform. The app combines whiteboard functionality with audio recording and animation to create full-featured screencasts.

Application-icon-Explain-Everything-TM.pngExplain Everything is the result of a Trans-Atlantic partnership between Reshan Richards, an America educator, and two software developers based in Wroclaw, Poland: Piotr Śliwiński and Bartosz Gonczarek of MorrisCooke. The concept of the app grew out of MorrisCooke’s work in animation software and Reshan’s interest in screencasting as a useful classroom tool.

Reshan is an Educational Technology Administrator in New Jersey, and a doctoral researcher at Columbia University. His interest in educational technology began early in his teaching career. As a new teacher working in a New York City school, he was assigned a Grade 5 math class.

“They figured I was young and could also be giving tech support even though I had no background in technology or experience in giving tech support (or teaching math for that matter!),” said Reshan in a recent interview. In the process of supporting the school in everything from changing printer cartridges to plugging things in, he became more interested in the teaching side of technology.

“I went back for my Masters interested in the pedagogical and curriculum side more then the technical side.”

Almost a decade ago, Reshan was introduced to desktop screencasting software. He started using it to record writing on his interactive whiteboard and create mini-lessons for his Grade 5 and 8 math students. In the course of using screencasting software with his students, he soon found a much more effective way to use it.

“The most exciting thing was getting students to use it, because it revealed a lot about their thought process as I was having them solve trivial or boring math problems. It brought the problems to life, because it is not about the static answer. I am able to see more clearly the steps, and the process, and the times they self corrected or paused. ”

Despite its usefulness, Reshan found the setup for making screencasts “clumsy.”

“You would need an interactive whiteboard. You would need it to be connected to a computer, and you would need a USB microphone because desktop computers didn’t have one built-in. And if you had a class of 16 or 20 students, only one or two students could be creating a screencast at a time.”

Still, Reshan thought that the benefits were worth the effort. It led him to think about the instructional design of the exercise. He also had to plan how to set up his classroom to keep students engaged in the planning and storyboarding process leading up to when they were going to record. He describes it as a “cool experience.”

At the time, Reshan used Jing, a free recording software, to record SMART Notebook® or The Geometer’s Sketchpad® on a SMART Board®. According to Reshan, The Geometer’s Sketchpad® is more “open-ended” design tool, and “you can take the stuff you generate in Sketchpad and make it come to life through a screencast or making a movie.” Early on, Reshan also used Windows Movie Maker quite extensively. He says, “I always wanted to put students in the position making their own media.”

Reshan structured his classes with an outline of how media production works with recording as the last step in the process. The students would be put in random groups and select a problem. Together they would solve the problem and then decide how to articulate the solution. The group would then assign roles such as the writer, narrator and “media control person.” Through the process, they would switch and take on different roles in the production process. Reshan found it rewarding to see this approach applied to different disciplines at the school.

The introduction of the iPad changed things — somewhat.

“I saw the touchscreen and the microphone, so I thought it would take the clumsiness out of the screencasting process and make it easier to do,” says Reshan. But early iPad apps didn’t live up to his expectations.

“Everything was focused on making things pretty,” he says, “and education was limited to ‘skill and build’ apps.”

Meanwhile, Piotr Śliwiński and Bartosz Gonczarek of MorrisCooke, bored with developing business software exclusively, were focused on creating animations and cartoons out of podcasts that they had created. They were similarly dissatisfied with their available software options, and decided to focus on making their own animation software, first for the Mac and then for the iPad. According to Piotr, their first animation app, PhotoPuppet, was released about six months after the introduction of the iPad. Still, says Bartosz, while they knew that animating objects on the iPad screen was powerful, they were not sure exactly how they could use — until they met Reshan.

In his own quest for quality educational software, Reshan had begun blogging and reviewing apps that he encountered. He found PhotoPuppet and reviewed it. The review prompted an email exchange that quickly led to the three men discussing what they could create together.

“Reshan made a tweet, and I wrote him an email and afterwards we began to talk about what we could do together,” says Piotr. Within months they had come up with a concept that married Piotr and Bartosz’s unique skills with Reshan’s vision of a screencasting app for education.

The development of Explain Everything was rapid, with the app being released only three months after Reshan, Piotr and Bartosz embarked on their partnership.

The unique challenge of Reshan Richard’s partnership with MorrisCooke is distance, but looking back he does not see it as much of a challenge at all.

“We work over videoconference, and we did not meet in person until 3 years after we signed our agreement,” says Reshan, “Explain Everything was built and launched without meeting. Technology helps people with complimentary interests come together, but it is also possible to come together and generate something without being in the same room.”

Initial reaction to Explain Everything was positive. The iPad had only been out for about 18 months and apps for producing content were still relatively rare. The partners contacted bloggers, while Reshan used his own network of technology integrators and educators to get the word out. According to Reshan, there were two aspects of Explain Everything that caught on quickly. First, the app is open-ended, so it does not force people into using a particular system for creating or hosting their content. Content can be exported and used in whatever context the user wants. Secondly, the relative scarcity of media creation apps meant that there was some built-in demand for their app.

Bartosz says, “We launched the program at the same time as other creation apps were being released. It was a window of opportunity that opened at the time.”

The app is now three years old, but is still being updated frequently to add features and to squash bugs. According to Reshan, the app is still evolving.

“We have been taking idea and feature requests from day one,” says Reshan, “and we have built a queue and made a list of what we can do, what we should do and continue to be scalable without overwhelming the users. We are not at the ceiling of what was created by Piotr and Bartosz.”

The men hope to add collaboration features to the app to allow multiple people to work on the same project. Reshan’s classroom strategy for working with students to create screencasts plays into the development of new features. And Reshan is excited by how their creation has been used.

“In the hands of students is the most exciting, but teachers have also created amazing things. From a mechanical workflow standpoint, one of the design features is the ability to create a project that can be shared with a colleague or student who could be able to interact with it and work off of it.”

Reshan sees a shift in focus from numerical grades to understanding, and views tools like Explain Everything as opening new possibilities for assessment or a general re-examination of assessment.

“Screen shots and screencasts are the two most powerful tools in any technology-enabled classroom,” according to Reshan.

“Even if you are on a computer, taking a screen cap takes a snapshot of any time, and you can make an artefact of learning. You can capture these moments easily, and it is exciting. These screen shots can be imported into Explain Everything and then talk to it, and preserve it for the teacher and student, so that they become more reflective about their learning.”

The use of Explain Everything has extended beyond K-12 education, with users in business and healthcare using it for training. “(Screencasts are) easier to build than on a laptop,” says Reshan.

Along with his partnership with Piotr Śliwiński and Bartosz Gonczarek, Reshan’s recent work has also focused on organizational leadership. With his colleague, Steven J. Valentine, he is the author of Leading Online: Leading the Learning, Leading by Learning. One of their approaches to leadership is an attempt to make meeting time more productive and efficient. For Reshan, his partnership with Piotr and Bartosz feeds into this.

“We challenge how meetings are done,” says Reshan, “The working formula that led to Explain Everything just goes to show that you do not need to be in the same room to get things done, but you can also be thoughtful of when the time is needed to be having a real time conversation vs. what can we sort out in email or a Google Doc.”

Reshan will be at this year’s  LEARN-RECIT Technology and Learning Summit 2014 on October 20th in Montreal to deliver the Keynote entitled, What do you really mean? Articulating definitions of learning, teaching, and assessment. He will also be animating two workshops, Explaining Everything: Instruction, Assessment, Collaboration, & Multimedia Creativity with Screencasting, and Education and Technology Leadership: Plan for Today, Plan for Obsolescence.

  • Dr. Reshan Richards is the Director of Educational Technology at Montclair Kimberley Academy in NJ and the founder of Constructivist Toolkit, LLC. Reshan is one of the creators of the Explain Everything app and co-author of Leading Online: Leading the Learning, Leading by Learning. An Apple Distinguished Educator and member of Mensa, Reshan has an Ed.D. in Instructional Technology & Media from Teachers College, Columbia University where he also has co-taught a course on Design Thinking and Educational Technology. He has an Ed.M in Learning and Teaching from Harvard University and a B.A. in Music from Columbia University.
  • Piotr Śliwiński is the co-founder and the CTO of MorrisCooke. He was a K12 foreign exchange student in Longview, WA. Has an MS from the Technical University of Wroclaw. Between his studies and co-founding MorrisCooke, he has been working for SAP for a number of years in progressive technology development positions. His hobbies include sci-fi and cyberpunk MP3 podcasting – along with thinking following the path of most resistance. This has led him to the invention of the animation engine used by Explain Everything – and further allowed to transform his hobby into a full time job (and do something more fun and rewarding than business programming).
  • Bartosz Gonczarek is the co-founder and the CEO of MorrisCooke. Bartosz has a B.A. in mathematics and M.S. in Computer Science and Management from Wroclaw University of Technology, and Ed.D in progress on impact of innovations and their valuation. He was an advisor to the board members of several companies in the EU. After joining efforts with Piotr, he has found that using his background in business consulting is much more rewarding when working for his own company. He’s passionate about using knowledge and science in overcoming existing barriers – both in business (innovation) and sport (triathlon).

 

Portrait d’un enseignant : Une entrevue avec Jean-Pierre Dubois

JeanPierre_Dubois
Jean-Pierre Dubois (photo par K. Thibeault)

Nom : Jean-Pierre Dubois
Commission scolaire : Western Québec
Niveaux : secondaire 1 à 5
Matière : FLS
Années d’expérience : 25

Cette année, je me suis lancé le défi d’écrire mon premier billet pour le blogue en français. Je tiens à vous dire que je suis non seulement une apprenante et enseignante de français comme langue seconde, mais une francophile pur sang!   Alors, je suis toujours à la recherche d’enseignants, de programmes, d’outils ou de ressources pédagogiques qui inspirent ma pratique professionnelle ou qui facilitent mon perfectionnement langagier. En mai dernier, j’ai eu le grand plaisir de m’entretenir avec un ancien collègue. Celui-ci avait relevé un nouveau défi : développer et enseigner un cours de français intensif à des élèves de secondaire 1 à 4. Voici la transcription d’un extrait de notre conversation.

Parlez-nous un peu de vous et du début de votre carrière.

J’ai commencé à enseigner à Whitby en Ontario, il y a vingt-cinq ans. Pendant deux ans, j’ai enseigné le français de base de la quatrième à la huitième année. Mais j’ai bientôt réalisé que le primaire n’était peut-être pas le niveau pour moi et je voulais aussi revenir au Québec. Alors j’ai fait des demandes dans toutes les commissions scolaires anglophones de la province et c’est la Western Québec qui m’a engagé comme enseignant de FLS. Ça fait maintenant vingt-deux ans que j’enseigne à Pontiac High School. Ah! Que le temps passe vite! Présentement, j’enseigne aux secondaires 4 et 5 le plus souvent. Mais l’année passée, notre directeur m’a demandé si j’étais intéressé à développer et à enseigner un tout nouveau cours.

À Pontiac High School, nous avons plusieurs élèves francophones de mariages mixtes, dont un parent est anglophone et un parent est francophone, qui ont fait leur primaire en français. Et, nous voulions donner l’occasion à ces élèves-là de ne pas perdre leur français et de faire un cours qui était plus à la hauteur de leurs possibilités. Le cours que j’ai créé est donc basé sur le programme de français langue maternelle, mais puisque la plupart des élèves dans la classe ne parlent pas le français à la maison ou très peu souvent, et n’ont parfois pas exactement les mêmes compétences langagières que des vrais francophones, j’adapte le matériel pour eux.

Avoir des élèves de plusieurs niveaux dans une seule classe fait partie du quotidien pour un enseignant de FLS, mais vous enseignez à vingt-neuf élèves qui sont dans quatre années d’études différentes. Comment est-ce que vous gérez ce groupe particulier?

Et bien… c’est un peu de l’acrobatie! C’est vrai que pour cette année-pilote, l’école a combiné des élèves de secondaire 1 à 4 dans une seule classe. Alors, au début de l’année, j’ai dû évaluer les compétences des élèves et j’ai ensuite divisé ma classe en deux groupes : maintenant, je fais du secondaire 1 et du secondaire 3 en français langue maternelle essentiellement. Comme ça, je n’ai que deux planifications différentes. J’utilise le matériel de langue maternelle Matière Première I pour le premier groupe (les secondaires 1 et 2) et Réseau 1 pour le deuxième groupe (les secondaires 3 et 4). Quand j’enseigne au premier groupe, le deuxième groupe fait du travail individuel, soit de la lecture, de la grammaire ou de la recherche et… vice-versa. Ça fait beaucoup de gestion et il me semble que j’ai toujours mon tableau divisé en deux! Parfois, les élèves travaillent sur une activité commune. Par exemple, depuis novembre, nous lisons le premier Amos Daragon dans la suite de livres d’aventures fantastiques de l’écrivain Bryan Perro. C’est toute la classe ensemble qui le lit et nous travaillons le nouveau vocabulaire et les expressions en grand groupe. Mais, lorsque vient le temps de faire le travail écrit après chaque chapitre, les deux groupes différents ont leurs propres questions de compréhension à faire. Et, si parfois les questions sont les mêmes, j’en demande toujours plus aux secondaires 3 et 4. Les grilles de correction sont semblables, mais plus exigeantes pour les élèves du deuxième groupe. Je les oriente constamment et je précise mes attentes dès le début.

Quels sont les défis importants auxquels vous avez fait face durant l’année?

Un défi majeur pour moi comme enseignant cette année a été que les élèves aient toujours l’impression d’être dans une classe de français à leur niveau, adaptée à leurs besoins et capacités. Le but du programme est que ces élèves puissent conserver les acquis de leur français et le garder actif dans l’absence d’un programme d’immersion. Un autre grand défi a été de gérer toute cette gang. Heureusement, j’avais vingt-quatre ans d’expérience derrière moi! Pour cette première année du programme, les élèves écrivent l’examen final de FLS qu’ils réussiront sûrement. Mais franchement, la réussite dans ce cas ne peut vraiment pas se mesurer par une note finale. Ultimement, je veux que chaque élève quitte au mois de juin et se dise : « J’ai appris quelque chose! »

*******

Vous connaissez des enseignants qui font preuve d’initiative ou qui font des projets intéressants… écrivez-nous!

Connecting to Happiness

6879102121_4515b223c8_z
Photo by Carol VanHook – CC BY-NC-SA 2.0

It’s the first week of school, which means that it’s time for my fourth annual back-to-school blog post!  This is the perfect time for me to write about school because, for me, back-to-school is the most exciting time of the year, when we as educators get to connect with colleagues and students.

Last year I started to examine happiness to see if I could be better at my job if I made an effort to be happier at work.  Am I better at my job now?  I actually think so.  You can read about my #3happythingsatwork here.   I was certainly more conscious of, and grateful for, the many happy moments I have in my job, working with schools from across the province, in collaboration with an amazing gang of LEARNers.

Referring back to last September’s blog post, I wrote that according to Alexander Kjerulf, “…what made people happy at work was related to relationshipsresultsfreedom (self-determination) or a combination of factors.”  Students are often told that school is their workplace (particularly when we are explaining why they shouldn’t wear shorts quite that short!), so just like the gainfully employed adults in their school buildings, it just makes send that they too will be more successful if they are happy.  When school is a source of happiness, students should be much more likely to attend and succeed.

I decided that when I met LEARN’s new group of online students for training last week, I would ask them this question: What makes you happy at school?

Looking at the answers from our online students, I was not surprised to see that many of them felt happy at school because of their friends – relationships.

  • Seeing friends and meeting new people
  • My friends and the fact that we are a small school
  • Laughing with friends
  • Sociability with students

Students also mentioned that feeling successful – results – made them happy at school.

“Getting good grades” came up more than once in their responses.

However, what made ME even happier (although it isn’t  really about MY happiness, is it?) was when the students considered the learning or the learning activity, not just the grades, as the source of their happiness.  In these answers I saw not only the results of learning but also the freedom of choice, to explore their own interests.

  • Reading, learning, experimenting and all manners of study which increase my knowledge.
  • I enjoy learning where activities are involved
  • When I learn something that is actually useful
  • Classes like art or photography
  • Math class makes me happy while at school
  • Learning new interesting things
  • Playing sports
  • History

Just when I thought I wouldn’t get the classic answers about happiness at school, I did get these two responses.  What makes you happy at school?

  • Recess!
  • Leaving

By asking students about what makes them happy at school, I also made a connection to a workshop with Dr. Mizuko Ito at the LCEEQ conference last February.   During her session, we examined case studies of students and brainstormed how these students’ interests outside of school, and their networks online, could help them connect more fully with school and their own learning.

Why?  According to the model of Connected Learning,  “Connected learning is realized when a young person is able to pursue a personal interest or passion with the support of friends and caring adults, and is in turn able to link this learning and interest to academic achievement, career success or civic engagement. This model is based on evidence that the most resilient, adaptive, and effective learning involves individual interest as well as social support to overcome adversity and provide recognition.”

If we find out what makes students happy, in and out of school, we are better able to relate to them and, in turn, help them connect to their learning.  If students have special skills that can be highlighted and recognized in the classroom, discovering them can allow the teacher to encourage the student and build confidence.   In these busy first days of school, take the time to establish the relationships and learn about your students.  Find out what they love, what makes them tick, and what makes them happy at school.  You will have the foundation on which to build future learning.

How do you learn about your students at the beginning of the year? What activities have helped you to make connections with your students and learn about their personal interests and passions?

More on Connected Learning:

http://dmlhub.net/publications/connected-learning-agenda-research-and-design

Join us for the LEARN-RÉCIT Technology Summit, Connected Learning – Connected Lives

http://blogdev.learnquebec.ca/summit/events/ict-and-learning-summit/