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Portrait d’un enseignant : Une entrevue avec Jean-Pierre Dubois

Submitted by on September 10, 2014 – 10:08 am | 2,319 views
JeanPierre_Dubois

Jean-Pierre Dubois (photo par K. Thibeault)

Nom : Jean-Pierre Dubois
Commission scolaire : Western Québec
Niveaux : secondaire 1 à 5
Matière : FLS
Années d’expérience : 25

Cette année, je me suis lancé le défi d’écrire mon premier billet pour le blogue en français. Je tiens à vous dire que je suis non seulement une apprenante et enseignante de français comme langue seconde, mais une francophile pur sang!   Alors, je suis toujours à la recherche d’enseignants, de programmes, d’outils ou de ressources pédagogiques qui inspirent ma pratique professionnelle ou qui facilitent mon perfectionnement langagier. En mai dernier, j’ai eu le grand plaisir de m’entretenir avec un ancien collègue. Celui-ci avait relevé un nouveau défi : développer et enseigner un cours de français intensif à des élèves de secondaire 1 à 4. Voici la transcription d’un extrait de notre conversation.

Parlez-nous un peu de vous et du début de votre carrière.

J’ai commencé à enseigner à Whitby en Ontario, il y a vingt-cinq ans. Pendant deux ans, j’ai enseigné le français de base de la quatrième à la huitième année. Mais j’ai bientôt réalisé que le primaire n’était peut-être pas le niveau pour moi et je voulais aussi revenir au Québec. Alors j’ai fait des demandes dans toutes les commissions scolaires anglophones de la province et c’est la Western Québec qui m’a engagé comme enseignant de FLS. Ça fait maintenant vingt-deux ans que j’enseigne à Pontiac High School. Ah! Que le temps passe vite! Présentement, j’enseigne aux secondaires 4 et 5 le plus souvent. Mais l’année passée, notre directeur m’a demandé si j’étais intéressé à développer et à enseigner un tout nouveau cours.

À Pontiac High School, nous avons plusieurs élèves francophones de mariages mixtes, dont un parent est anglophone et un parent est francophone, qui ont fait leur primaire en français. Et, nous voulions donner l’occasion à ces élèves-là de ne pas perdre leur français et de faire un cours qui était plus à la hauteur de leurs possibilités. Le cours que j’ai créé est donc basé sur le programme de français langue maternelle, mais puisque la plupart des élèves dans la classe ne parlent pas le français à la maison ou très peu souvent, et n’ont parfois pas exactement les mêmes compétences langagières que des vrais francophones, j’adapte le matériel pour eux.

Avoir des élèves de plusieurs niveaux dans une seule classe fait partie du quotidien pour un enseignant de FLS, mais vous enseignez à vingt-neuf élèves qui sont dans quatre années d’études différentes. Comment est-ce que vous gérez ce groupe particulier?

Et bien… c’est un peu de l’acrobatie! C’est vrai que pour cette année-pilote, l’école a combiné des élèves de secondaire 1 à 4 dans une seule classe. Alors, au début de l’année, j’ai dû évaluer les compétences des élèves et j’ai ensuite divisé ma classe en deux groupes : maintenant, je fais du secondaire 1 et du secondaire 3 en français langue maternelle essentiellement. Comme ça, je n’ai que deux planifications différentes. J’utilise le matériel de langue maternelle Matière Première I pour le premier groupe (les secondaires 1 et 2) et Réseau 1 pour le deuxième groupe (les secondaires 3 et 4). Quand j’enseigne au premier groupe, le deuxième groupe fait du travail individuel, soit de la lecture, de la grammaire ou de la recherche et… vice-versa. Ça fait beaucoup de gestion et il me semble que j’ai toujours mon tableau divisé en deux! Parfois, les élèves travaillent sur une activité commune. Par exemple, depuis novembre, nous lisons le premier Amos Daragon dans la suite de livres d’aventures fantastiques de l’écrivain Bryan Perro. C’est toute la classe ensemble qui le lit et nous travaillons le nouveau vocabulaire et les expressions en grand groupe. Mais, lorsque vient le temps de faire le travail écrit après chaque chapitre, les deux groupes différents ont leurs propres questions de compréhension à faire. Et, si parfois les questions sont les mêmes, j’en demande toujours plus aux secondaires 3 et 4. Les grilles de correction sont semblables, mais plus exigeantes pour les élèves du deuxième groupe. Je les oriente constamment et je précise mes attentes dès le début.

Quels sont les défis importants auxquels vous avez fait face durant l’année?

Un défi majeur pour moi comme enseignant cette année a été que les élèves aient toujours l’impression d’être dans une classe de français à leur niveau, adaptée à leurs besoins et capacités. Le but du programme est que ces élèves puissent conserver les acquis de leur français et le garder actif dans l’absence d’un programme d’immersion. Un autre grand défi a été de gérer toute cette gang. Heureusement, j’avais vingt-quatre ans d’expérience derrière moi! Pour cette première année du programme, les élèves écrivent l’examen final de FLS qu’ils réussiront sûrement. Mais franchement, la réussite dans ce cas ne peut vraiment pas se mesurer par une note finale. Ultimement, je veux que chaque élève quitte au mois de juin et se dise : « J’ai appris quelque chose! »

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